« Utopie(s) Urbaine(s) »

Émilie Grison - 29 avril 2015

APOLLON

Émilie Grison - 29 avril 2015

Rencontre avec Jo Di Bona

Émilie Grison - 29 avril 2015
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Tout a commencé suite à un article que j’avais écrit sur JONONE et dont j’avais posté le lien sur la page facebook de l’artiste. Un ou deux jours plus tard, j’ai vu que quelqu’un répondant au drôle de nom de Jo Di Bona l’avait commenté. Je clique à mon tour sur ce fameux Jo histoire de voir qui se cache derrière ce pseudo et là!!! (roulement de tambours) Tadam !! Je tombe sur un graffeur et devinez quoi ?!!! J’ai encore un coup de cœur car vous savez bien que j’ai un sacré penchant pour les couleurs vives et tout ce qui « pète » !! Le travail de Jo Di Bona regroupait tout ça !

Là, je me suis dit, « Allez Emilie, c’est un signe, vas-y tente le coup, envoie un petit mot, tu verras bien. Après tout, qui ne tente rien n’a rien !». Je m’éxécute en croisant les doigts et en espérant une réponse. BINGO !!! Le lendemain, la réponse tant attendue était là et Jo me proposait plusieurs dates pour que je puisse le rencontrer afin d’échanger sur son travail !!!!! Bon ben là, hein, forcément voilà en quelques mots la description de ma réaction. Ça ressemblait à une folle dingue débordant de joie, sautillant, dansant dans tous les sens en poussant des « yesss », « youhou », « trop d’la balle » bref en un mot j’étais HEU-REUSE!! Sans oublier le sourire banane qui va bien et qui ne m’a pas quitté de la journée!
Le rendez-vous était fixé trois semaines plus tard.
En tant que blogueuse qui se respecte, j’ai donc fait comme tout le monde et googlisé notre ami Jo. Et là, j’ai dû me liquéfier devant ce que je trouvais… En gros, il ne s’agissait pas d’un lapin de six semaines mais d’un artiste, un vrai de vrai. Exposition à Shanghai, vernissage dans galeries, actions auprès d’œuvres caritatives comme les pièces jaunes ou Emmaüs, fresque dans l’hôpital Robert Ballanger, rencontre avec Jonone, 1er prix du graffiti 2014 avec la fondation EDF et même des vidéos plutôt rigolotes sur des VLC. Grâce à tout ce que j’avais pu glaner ça et là, je m’étais dit que ce mec avait l’air plutôt cool, sympathique, accessible, professionnel, doué, doté d’un grand cœur et avec un petit côté clown.

Voilà le fameux jour qui arrive, petite boule au ventre pour moi, je ne vous le cache pas. Mais l’appréhension s’est vite envolée en voyant Jo arriver à la galerie Amarrage en mode décontracté: jean’s , tee-shirt peinturluré et baskets, saluant ses autres potes artistes et parlant même de troc de toiles !!! Là dans ma tête, j avais envie de dire « hé les gars moi aussi j’veux bien troquer une de mes toiles contre une des vôtres ! » Mais bon j’ai pas osé !
Après un petit cafouillage au niveau des horaires (pour Jo, qui semble un peu tête en l’air), l’interview tant attendue commence. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, j’ai été une petite veinarde car Jo devait réalisé une fresque sur un des murs extérieur de la galerie. Quel honneur de voir l’artiste en pleine action !!

Au risque de m’attirer les foudres d’une bonne majorité de la gente masculine (même pas peur!), figurez vous que Jo lui, contrairement à beaucoup d’hommes est capable de faire deux choses en même temps !!! Et oui, il peut travailler sur sa création et répondre à des questions ! INCROYABLE ! Trop fort !

Une interview riche en ressentis. Les réponses de Jo corroboraient la première idée que je m’étais faite de lui.
Un artiste accessible, se prêtant volontiers au jeu des questions réponses avec de temps en temps une petite émotion dans la voix lorsqu’il évoque avec tendresse son retour au pop graffiti grâce à sa chérie qui lui a donné le fameux déclic, où lorsqu’il parle de l’expérience humaine qu’il a vécu à Shanghai avec tous les jeunes qu’il a rencontré là-bas ou bien encore lorsqu’il repense avec beaucoup d’admiration et de respect à sa prof Claudie Laks.

Petit voyage avec Jo, au cœur de ses souvenirs lorsqu’il me fait une rétropective de sa parenthèse de 10 ans avec le graff pour lui préférer une autre histoire celle de la musique.
Un petit rictus se dessine au coin de sa bouche lorsqu’il me relate son souvenir le plus « délire » : taguer le métro d’Amsterdam. Au fil des questions, j’apprends que sa couleur préférée pour la peinture c’est le rose parce que « ça claque !», mais aussi que son vrai prénom c’est Jeoffrey et que Di Bona c’est tout simplement son nom (il a des origines italiennes).
Plus surprenant, il a fait de la peinture à l’huile et même peint des natures mortes.
Jo est aussi quelqu’un qui a beaucoup d’estime pour le travail de ses prédécesseurs et dévoile qu’il va voir des expos régulièrement. Il aime Kandinsky, Klein, Wahrol et bien d’autres encore. Il dit qu’un artiste qui ne s’intéresse pas au travail des autres c’est un peu comme un cuisinier qui ne serait pas curieux de goûter aux saveurs et richesses des autres cuisines.

Je lui demande aussi à quoi ressemble ses journées, il me rétorque « à un marathon ». Puis, je l’interroge sur ce qu’il répond face aux critiques. Il m’explique qu’il les écoute lorsqu’elles sont constructives et qu’elles viennent d’autres confrères.
Là dessus, j’embranche sur sa philosophie de vie (une question qui m’intéresse fortement) il me répond sans hésiter « carpe diem » (j’me dis : « bien, joué Jo, un point! »), «Quand on veut, on peut » ( Bravo Jo! 2ème point !! J’ajouterais même, quand on ne veut pas on trouve toujours une excuse!) et «Qui ne tente rien n’a rien ! » ( Yessss!!! Carton plein! Si je n’avais pas suivi cette maxime, je ne serais pas en train de faire causette avec toi!!). Un état d’esprit qui me plaît bien !
Pour le petit conseil aux jeunes artistes, voilà ce qu’il leur recommanderait : « Faites toujours ce qui vous plaît peu importe ce que les autres disent». Un conseil lucide et plein de sagesse.

Enfin, lorsque je lui demande s’il est fier de lui, de son parcours, sa réponse est pour le moins déroutante. Il considère qu’il n’a pas encore réussi. (Heureusement qu’il bombait son mur à ce moment là et qu’il n’a pas vu la tête que je faisais). Il rêve d’une réussite à la Jonone. (Là, une fois de plus , j’ai bien envie de lui dire : « Nan mais allô Jo, tu plaisantes ??? Tu es un artiste accompli !! »). Comme quoi, on peut être extrêmement doué et être un éternel insatisfait. Concernant les projets, il en a plein et notamment un avec le musée de Soulages à  Rodez.

Après ces quelques heures passées en compagnie de Jo et de quelques uns des autres artistes exposant avec lui à la Galerie Amarrage, je suis rentrée dans ma Bretagne natale des étoiles dans les yeux, la tête pleine de rêves et satisfaite d’avoir fait d’aussi belles rencontres au cours de cette journée inoubliable.

Si comme moi vous souhaitez rencontrer Jo en chair et en os, il tiendra des permanences à la Galerie Amarrage les 11 et 25 mai prochains. Le 22 mai Jo réalisera aussi une fresque dans cette même galerie. Et pour les impatients, le 9 mai prochain Jo participe au M.U.R ( modulable urban réactif/ le mur Oberkampf) au coeur de Paris.

Vous pouvez aussi le suivre sur sa page facebook.

Je termine mon article en te disant Jo: « MERCI, MERCI, MERCI » pour ta disponibilité et ta gentillesse. Je te souhaite un fond du cœur une réussite à la Jonone qui j’en suis convaincue viendra !

 

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