REBIRTH

Émilie Grison - 10 novembre 2016

FEATHER LADY

Émilie Grison - 10 novembre 2016

Visite chez Les Pinceaux Léonard

Émilie Grison - 10 novembre 2016
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De nature curieuse, j’avais envie d’en savoir un peu plus sur les pinceaux que j’utilisais. Je suis donc allée visiter l’entreprise les Pinceaux Léonard.

Il me tenait à cœur de m’y rendre car c’est une entreprise bretonne implantée dans le centre de Saint -Brieuc. Vous me direz que je suis chauvine et bien oui !! J’aime le made in France et encore plus le made in Bretagne !!! Je trouve ça tellement important de valoriser les produits de qualités et de proximité.
L’entreprise fabrique donc des pinceaux pour les artistes (huile, acrylique et aquarelle) mais pas seulement ! Les pinceaux Léonard c’est aussi des pinceaux destinés à la cosmétique (pinceaux de maquillage, blaireaux pour ces messieurs …) !! Raison de plus pour m’y rendre !!

J’ai donc été reçue dans un premier temps par le directeur commercial général Fredéric Ghenassia qui m’a expliqué l’historique ainsi que la philosophie de l’entreprise puis il m’a confiée à la charmante et souriante Jacqueline, la contremaîtresse de l’atelier, pour une visite passionnante et instructive.

Les deux premières choses qui m’ont marquée en pénétrant dans l’atelier sont : l’odeur de colle, une odeur pas forcément désagréable mais déroutante au début. La seconde, c’est l’univers 100%  féminin !

La fabrication d’un pinceau quel qu’il soit prend environ entre 24 et 48 heures. L’entreprise produit environ 200 pinceaux par jour qu’elle vend en France et aussi un peu partout dans le monde.

Voici les différentes étapes de fabrication:
1) la pesée des poils
2) la mise en virole
3) le collage/séchage
4) l’emmanchage, montage
5) le marquage
6) le sertissage
7) la finition
8) le gommage
9) emballage

Alors, que faut-il donc pour fabriquer un pinceau ??
Des bons poils !!! Mais oui, cela va de soit !!! Il faut aussi : un manche, une virole, de la patience et de la minutie.

L’entreprise propose un bel éventail de poils naturels : martre, putois, blaireau, petit-gris, chèvre, bœuf etc… et la même chose en poils synthétiques.

Une fois celui-ci pesé, arrive l’étape de la mise en virole c’est à dire pour simplifier : passer les poils dans le trou de la virole pour faire ressortir la fleur du pinceau.

Là, il faut une dextérité certaine !!! Les ouvrières savent exactement quelle quantité de poils prélever pour fabriquer la fleur du pinceau. C’est bluffant, elles font ça avec un naturel déconcertant. On sent la maîtrise du geste.
Elles utilisent deux ustensiles : un moule à mèche et un moule à fond bombé (pour donné la forme arrondie à la fleur= les poils du pinceaux). Une fois la mise en forme de la fleur réalisée, elles font une sorte de petit nœud afin de faire passer plus facilement les poils dans la virole.

Jacqueline me disait qu’en moyenne, il faut 3 ans pour devenir une « bonne ouvrière ».

Une fois cette étape terminée, vient celle du collage. On met un peu de colle dans la virole afin que les poils y adhèrent solidement. Ensuite, c’est le temps de séchage de minimum 24h et pouvant aller jusqu’à 48h, cela varie en fonction de la météo.

La fabrication se poursuit avec l’emmanchage (on met le manche du pinceau dans la virole) puis le sertissage c’est à dire accrocher la virole et le manche ensemble afin qu’ils ne forment plus qu’un.

C’est Marie-Pierre qui m’a montrée comment elle procédait. Elle insère la fleur du pinceau et une partie de la virole dans une machine munie d’une sorte de disque compresseur qui exerce une pression pour faire tenir la virole au manche. Attention de ne pas y mettre vos doigts !!!

Ensuite, il y a le marquage ( l’entreprise écrit son nom sur le manche et/ou celui de la marque pour laquelle elle produit des pinceaux). Il y a plusieurs machines pour le faire dont une qui permet de personnaliser vos pinceaux puisque l’imprimante peut inscrire le texte de votre choix. Sympa, non ?!

Nous arrivons presque à la fin. Les pinceaux vont maintenant passer chez « le coiffeur », l’étape de la finition !! Oui, oui !!! Ils sont peignés et les poils qui dépassent sont coupés.
Puis, ils passent aussi par la case « esthéticienne » puisqu’on leur fait un « gommage » avec de la gomme arabique. Cela permet de déposer un film sur la fleur du pinceau afin que les poils restent solidaires les uns des autres durant l’acheminement.

Vous savez, lorsque vous déballez vos pinceaux, la fleur est toujours un peu rigide, on a l’impression qu’on a mis du gel durcissant sur les poils. Et bien, ce fameux « gel» c’est la gomme arabique (c’est aussi ce qu’on met sur des tartes aux fruits!!).

Après, il ne reste plus qu’à conditionner les pinceaux dans leur emballage.

Voilà nous avons fait ensemble le tour de la fabrication 100% manuelle des Pinceaux Léonard.

 

Si vous êtes de bons épicuriens comme moi, vous savez très bien que lorsque l’on déguste un vin qu’on a acheté soi même chez un vigneron avec qui on a eu le temps d’échanger, de visiter son chai, son vignoble, chaque gorgée  aura une saveur différente. Vous n’apprécierez pas seulement du bon vin, tous les charmants souvenirs relatifs à votre visite s’inviteront également rendant votre moment encore plus agréable.

C’est un peu ce que je ressens aujourd’hui lorsque je peins. Je sais maintenant qu’il n’y a pas seulement moi, ma créativité, ma main et mon pinceau devant ma toile, il y a aussi des dizaines de personnes passionnées qui sont là avec moi.

Depuis cette visite, le regard que je porte à mes mes pinceaux a changé. Désormais, j’ai pour eux une certaine tendresse en repensant à ce bon moment que j’ai vécu en me rendant chez les Pinceaux Léonard et à ces femmes exceptionnelles qui me permettent d’exercer mon art. Je les remercie du fond du cœur pour leur travail .

Merci à l’entreprise les Pinceaux Léonard pour son professionnalisme, son accueil chaleureux et tout simplement pour son savoir faire depuis 1840.

Une visite que je vous conseille vivement.

 

Artistiquement.

Emilie

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